Prendre soin d’un chat sénior

Votre chat atteint l’âge de 7, 8, 9 ans… Il quitte progressivement l’âge adulte pour rejoindre l’âge mûr, « mature » et se retrouver senior sans équivoque à partir de 12 ans. En 5 points clés, nous allons faire la lumière sur les comportements à adopter et les éléments à surveiller.

1/ Surveillance santé :

La première sentinelle reste  votre observation et tout changement de comportement, d’habitude de votre chat doit vous interroger. Mais attention, le chat est un grand dissimulateur, il émettra dans de très rares cas des plaintes, des cris ou des pleurs lors de souffrance et se fera au contraire de plus en plus discret et tout en douceur en particulier dans les maladies chroniques fréquentes à cet âge…

La surveillance du poids (idéalement 1X/mois) est essentielle et toute perte de poids inexpliquée de plus de 10% (500g pour un chat de 5 kg) doit motiver une visite chez votre vétérinaire.

Prévention et dépistage : Jusqu’ici vous visitiez votre vétérinaire une fois par an pour la vaccination ou le bilan annuel de santé. Il sera maintenant recommandé 2 visites par an afin de mettre en place des mesures de prévention basées sur les conseils d’entretien, d’alimentation ainsi que de dépistage. En effet, votre vétérinaire pourra vous proposer par exemple un « bilan senior », c’est-à-dire a minima une prise de sang ainsi qu’un examen d’urine et une mesure de la pression artérielle afin de comparer leur évolution au fil du temps et en particulier détecter leurs variations … car la maladie s’installe souvent avant les 1er symptômes visibles et sa prise en charge précoce est bénéfique en termes de qualité et d’espérance de vie !

Une attention particulière devra être portée par votre vétérinaire à la dentition (tartre, dents cassées ou fragilisées) et des soins dentaires seront nécessaires si des anomalies sont détectées. Dans bien des cas, des extractions dentaires seront conseillées, ce qui peut au premier abord effrayer mais mieux vaut se passer d’une dent plutôt que garder une dent abimée source de douleur et d’infection (des conséquences cardiaques ont même été mise en évidence).

Chat sous la couette

2/ L’alimentation :

A partir de 7 ans, l’alimentation adulte devra évoluer vers une alimentation senior adaptée à l’évolution physiologique de votre chat (protéines en moindre quantité mais de qualité supérieure, taux réduit en phosphore, ajout d’ingrédients « santé » comme les acides gras essentiels ou les protecteurs du cartilage).

Le recours à l’alimentation humide (halte aux idées reçues sur la moindre qualité des pâtées par rapport aux croquettes) sera souvent utile.

Enfin, tout changement spontané même progressif des habitudes alimentaires devra motiver une consultation chez votre vétérinaire. L’âge ne fait ni manger plus ni manger moins, ni moins proprement, ni ne fait vomir ou ne constipe… Tous ces signes sont anormaux.

 

3/ L’hygiène courante :

Le soin du pelage pourra s’intensifier surtout si le comportement de toilettage de votre chat diminue (surpoids, douleurs articulaires, douleurs buccales). Il faut ainsi surveiller l’apparition de nœud, d’amas de poils, de pellicules ou de souillures notamment dans la zone ano-génitale et agir en conséquence (brossage, application de  shampooing sec, pipettes régulatrices de la production de sébum…).

Les griffes devront être surveillées et coupées si elles poussent trop et ont tendance à s’incarner.

4/ Les déplacements :

Votre chat ne vient plus sur le lit, ne saute plus sur la table, ne veut plus se faire caresser… Il ne devient pas forcément moins câlin ou moins gourmand, vieux et grincheux mais s’adapte peut être à ses douleurs articulaires. Vous pouvez l’aider. Parlez-en à votre vétérinaire qui vous proposera des solutions diététiques (en croquettes ou en complément alimentaire), des solutions thérapeutiques naturelles (ostéo, phyto, homéo, acupuncture, laser) ou des médicaments pour soulager votre chat.

5/ Le  comportement d’élimination :

Votre chat devient malpropre… Ce n’est pas parce qu’il ne trouve plus la litière ou qu’il a oublié son existence, Alzheimer ne le guette pas forcément !

Les questions à  se poser : La nature (couleur, odeur), la quantité (faut-il changer plus souvent la litière ?) et la fréquence des selles et des urines changent-elles ? Beaucoup de pathologies augmentent par exemple le volume des urines et votre chat peut se sentir dépassé par cette nouvelle sensation.

En conclusion et en résumé : l’horloge biologique a sonné, votre chat est vieux mais à moins d’un problème de santé (parfois bien caché), il ne doit rien y paraître. Il doit rester le même qu’il soit câlin, gourmand, intrépide ou joueur, ses habitudes et ses attitudes doivent rester inchangées sinon consultez…

Article de Séverine Laforce, Vétérinaire

 

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